N° ACR0000154 - cité ouvrière, dite cité de la Soie (grande cité, petite cité, 3 villas de directeurs, Usine Tase)

 
Adresse : chemin de la Poudrette
  rue Alfred-de-Musset ; avenue Roger-Salengro
  69120 Vaulx-en-Velin
Coordonnées GPS : 45.761135, 4.922186
Coordonnées GPS : 45.761135, 4.922186
Dates Construction : 1924
Date de classement : 2003
Auteur : Groupe Gillet (entrepreneur)
Patrimoine du 20e siècle

Description Historique :

Construite dans les années 1920 sous l’impulsion d’Edmond Gillet, de Louis et Lucien Chatin ainsi que d’Ennemond Bizot, cette cité, véritable petite ville (également appelée "petite cité"), a été conçue comme une transposition spatiale de la hiérarchie de l’usine. A la division du travail correspondait une division de l’espace, à un certain niveau de qualification, une certaine qualité de logement. C’est un des premiers sites d’industrialisation de la soie artificielle (viscose) en France. Elle est appelée d’abord SASE (Soies Artificielles du Sud-Est). 168 pavillons de 1 à 6 logements destinés aux ingénieurs et chefs d’équipe constituent « les Petites Cités », 20 immeubles collectifs destinés aux ouvriers et manœuvres composent « les Grandes Cités ». La vie de la Cité s’est organisée autour de l’usine, construite en 1924 pour l’industriel Gillet, spécialisé dans la soie noire du chapeau claque. L’usine est destinée à produire de la viscose. Dès 1927, elle employe trois mille salariés à feu continu. Les ouvriers lyonnais étant rebutés par les conditions de travail difficiles, le groupe Gillet fait largement appel à la main-d’œuvre étrangère (c’est notamment l’époque où de nombreux Arméniens, Grecs et Italiens arrivent en France). En 1930, 2 000 personnes travaillent à la “Tase”, (Textiles Artificielles du Sud-Est), puis environ 1 500 personnes jusqu’à la fin des années 1960. L’industrie de la soie artificielle compte 14 usines en France. En 1955 celle de Vaulx-en-Velin prend le nom de CTA (Comptoir Artificiel du Sud-Est) puis en 1971 elle est rachetée par Rhône-Poulenc et devient RPT (Rhône-Poulenc Textiles). A partir de 1975 c’est une réduction drastique qui s’organise jusqu’à la fermeture en 1980 malgré les 600 ouvriers travaillant toujours sur le site. C’est la fin de « l’usine providence ». La ville mettra plus de 10 ans à combler le vide social, culturel et d’animation laissé par le départ de l’entreprise. Production et invention de nouveaux tissus : En 1925 la fabrication de la Rayonne 100 deniers 40 brins dit "le Super". C’est un fil très demandé dans la région lyonnaise, la production s’élève à 9 tonnes par jour. 1935 voit une nouvelle création « la Fibrane », de la même manière la production se développe jusqu’à atteindre 9 tonnes par jour. En 1950 c’est une nouvelle révolution avec les nouveaux métiers à tisser, les IRC et la création d’un nouveau fil pour les carcasses de pneumatiques « fil pneu ». Les années 1970 sont difficiles pour les textiles artificiels. En 1971, l’unité de fil Nylon et du Tergal est créée et produit jusqu’en 1980. En 1975, la production rayonne est arrêtée. Cette cité industrielle, conçue pour avoir son entière autonomie sur un terrain de 20 hectares contigu à l’usine Gillet, est une des cités-jardins les plus importantes de la banlieue lyonnaise et des plus élaborées sur le plan architectural et urbanistique. Le quartier est entièrement réhabilité en 1981, lors de la fermeture de l’usine. Celle-ci est désormais une friche industrielle. L’association « Peuplement et migration » nourrit le projet de créer dans l’usine désaffectée, un Centre d’interprétation de l’histoire des peuplements et migrations en Europe. Ce projet devrait aboutir en 2006.

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