N° ACR0000146 - piscine du Rhône

 
Adresse : quai Claude-Bernard
  69007 Lyon 7e Arrondissement
Coordonnées GPS : 45.753757, 4.838461
Coordonnées GPS : 45.753757, 4.838461
Dates Construction : 1961 ; 1965
Date de classement : 2003
Auteur : Andouze-Tabourin Alexandre (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Description Historique :

La piscine du Rhône fut construite entre 1961 et 1965 sur des plans de l’architecte lyonnais Alexandre Audouze-Tabourin. Elle porte une double empreinte celle des bains de rivière et celle d’une expression épurée et dynamique de l’architecture (Brasilia, Neimeyer). Il s’agit d’une commande du maire Louis Pradel, qui désire équiper la ville d’un complexe sportif et de loisirs sans équivalent en France à l’époque. Une demande d’autorisation de travaux est déposée en mars 2001 ; le projet prévoit l’agrandissement des issues de secours entre la plage et le quai ainsi que l’aménagement d’une zone d’accueil. Le premier projet de construction d’un centre nautique – situé sur les bas-ports quai Victor-Augagneur – date de 1932. Il est porté par l’Union générale de la Mutualité du Rhône. En 1950, un autre projet est établi par le conseil municipal, mais c’est à l’initiative de Louis Pradel qu’en 1959 sont réalisées, suivant les indications du maire, les premières maquettes confiées à Audouze-Tabourin. Pradel souhaite donner à Lyon un équipement balnéaire sans précédent ; à l’époque il est même proposé de nommer le futur centre « Stade Nautique Louis Pradel ». Le chantier de construction débute le 21 novembre 1961 ; le projet, très populaire, est voulu comme une réalisation de classe internationale par son ampleur et les problèmes techniques qu’il pose ; en effet étant construit sur le bas-port, d’importantes études préliminaires permirent de s’assurer de la stabilité du sous-sol, et de résoudre les difficultés liées aux crues du Rhône (toutes les installations de filtrage et de chauffage sont prévues au sous-sol pour des raisons esthétiques). Ayant pris quelques retards de chantier en raison du gel, le centre nautique est inauguré le 26 mai 1965 : les meilleurs nageurs du Lyonnais testent le bassin de compétition. A l’époque ce complexe gigantesque tant sur le plan spatial qu’architectural et technique, suscite l’admiration (« une belle réalisation qui fait honneur à la ville de Lyon ») ; son importance, première piscine olympique de France, en faisait le complexe de référence en Europe, mais aussi un des outils les plus perfectionnés pour le sport ainsi que pour la détente et les loisirs. Aujourd’hui, la piscine suscite des projets d’aménagements. Ce monument caractéristique de « l’architecture-béton » est, dès son achèvement, le sujet d’une large controverse architecturale : l’architecte a l’idée d’éclairer la piscine afin de l’ouvrir au public jusqu’à minuit (chose qui ne s’est jamais produite dans la mesure où l’heure de fermeture est dès 1965 fixée à 20h) ; pour cela, quatre « lampadaires » éclairent de tous leurs feux les bassins : reflets du « pradélisme », ils supportent l’oriflamme de la cité 50 m au-dessus du Rhône. Ce parti reste très controversé car il crée une sévère rupture dans l’alignement des quais. Dans les années 1980, la Piscine du Rhône suscite des projets de réaménagement, parmi lesquels celui de couvrir les bassins (ouverts seulement en été) afin de rentabiliser l’équipement. Depuis 1990, l’architecture est jugée « douteuse » et « poussiéreuse » ; trois cabinets d’architectes étudient des solutions notamment le paysagiste de Renzo Piano. Pour ce dernier, « il faut végétaliser le site » car « tout est stérile, nu, trop minéral… ». D’autres idées germent : le premier magistrat du 7e arrondissement suggére la surélévation des jardins situés au centre de la Fosse-aux-Ours ; l’idée étant de créer une continuité urbaine du parc de la Tête d’Or jusqu’au futur parc du Confluent en végétalisant au maximum les bas-ports. La destruction du centre est même envisagée car sur le plan esthétique, les quatre pylônes sont considérés comme dénaturant la perspective des quais et sur le plan financier l’entretien est très onéreux car même en été l’eau des bassins doit être chauffée. Cependant la fréquentation de la piscine en été motive largement son maintien. Par ailleurs, la mode du « non-béton » et le rejet inconditionnel de l’architecture des années 1960 ne doivent pas pousser les urbanistes dans la voie d’un vandalisme inconsidéré. Les quatre lampadaires de la piscine marquent comme un signal la rive gauche du Rhône, et témoignent de l’architecture du sport de cette période. Elle donne, aujourd’hui encore, un air d’exposition universelle auquel répond l’hôtel Sofitel en face.

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